L’ORIGINE DU NOM ET LES PREMIERS PROPRIÉTAIRES

Cette demeure historique était autrefois le cœur du domaine de « La Paponerie ». Son existence est officiellement attestée dans les registres de l’Hôpital Général Saint-Alexis dès l’année 1671.
Des documents d’archives, récemment authentifiés, révèlent la lignée des propriétaires dont les racines sont intimement liées à l’histoire de Limoges. Si l’identité des tout premiers possesseurs reste pour l’instant inconnue, la succession du domaine peut être tracée de main en main jusqu’à nos jours à partir de 1803, année où Jean Roche est mentionné comme propriétaire.
Alors que l’Atlas de Dutreix (1812–1815) permet de visualiser la maison s’élevant, isolée, au milieu de vastes jardins et de vignobles, ce sont précisément les actes officiels de succession qui en garantissent la transmission et l’authenticité historique à travers les siècles.

Détail du domaine de La Paponerie sur l'Atlas de Dutreix de 1815
Détail du domaine de La Paponerie – Atlas de Dutreix (1815)

Les Propriétaires

À la recherche des bâtisseurs oubliés

Les propriétaires les plus anciens, qui ont bâti la maison et y ont vécu, demeurent encore inconnus à ce jour, mais nous rassemblons progressivement les informations à leur sujet, une grande période de l’histoire du domaine restant à explorer.
La première mention écrite retrouvée de la Paponerie date de 1671 et figure dans les registres de l’Hôpital Général de Limoges. Le répertoire général des titres (H SUP LIMOGES D 6, p. 214) fait état d’une rente foncière et directe due à l’hôpital : une émine de froment prélevée sur une terre, autrefois en vigne, d’une contenance de 8 journaux. Cette obligation découlait d’un échange foncier réalisé avec Jean Rouard, élu en l’Élection.
Ce précieux document d’archive prouve ainsi que la Paponerie existe au moins depuis le XVIIème siècle, témoignant d’un ancrage historique de plus de 350 ans dans le patrimoine limougeaud.

Monsieur Jean Roche, maître boulanger

Registre des mutations par décès — La succession de Jean Roche (an 12)
Cet extrait complet du registre des successions de Limoges scelle juridiquement les origines familiales du domaine de La Paponerie au sein de la famille Roche :
Les détails biographiques : Le document enregistre formellement le décès de Monsieur Jean Roche, maître boulanger, survenu à l’âge de 66 ans au cours de l’an 12 du calendrier républicain. Son rattachement historique à la paroisse de Saint-Martial y est également confirmé.
La transmission et la régularisation fiscale : La mention « Ses enfants » valide légalement le transfert du patrimoine à sa descendance. Les écritures comptables complémentaires, notamment sous la case n°616, attestent du règlement des droits d’enregistrement (fixés à 14 francs) auprès de l’administration de Limoges, certifiant la parfaite clarté et régularité financière de la propriété lors de cette transmission originelle.

Avant 1805, la propriété est détenue par Monsieur Jean Roche. À sa mort, survenue antérieurement au 7 décembre 1805, ce patrimoine familial comprenant la maison de La Paponerie est partagé entre ses enfants. C’est ce titre d’origine qui permettra plus tard, le 7 mai 1808, à son fils Jean-Baptiste Roche, maître boulanger à Limoges, d’enregistrer officiellement la succession avec sa sœur Marie. Ce précieux document historique révèle l’importance de la maison, estimée à l’époque à 12 000 francs, témoignant d’un enracinement familial profond.

Monsieur Jean-Baptiste Roche, boulanger

En 1812, les registres du cadastre napoléonien confirment Monsieur Jean-Baptiste Roche, boulanger de profession, en tant que propriétaire du domaine de La Paponerie. Ce patrimoine familial lui est issu de la succession de son père, Jean Roche, maître boulanger, enregistrée officiellement le 7 mai 1808. Ce précieux document cadastral énumère avec précision la consistance de la propriété, incluant la maison d’habitation principale, ses cours et bâtiments annexes, son grand jardin, ainsi que ses prairies, terres et bois de haute futaie.

Monsieur Barthélemy Ribierre, maître boulanger

Acte notarié de vente et description du domaine (24 mars 1821)
Le 24 mars 1821, par-devant Maîtres Isaac Malevergne de la Fauge et Martial Baju, notaires royaux à Limoges, a été scellé l’acte officiel de vente du domaine de La Paponerie. Jean-Baptiste Roche, boulanger (maître boulanger de profession), cède alors la pleine propriété à son confrère, Barthélemy Ribièrre, également boulanger à Limoges, pour la somme de 20 780 francs.
Ce précieux document manuscrit (Transcription n°67) offre un témoignage unique sur la configuration de la propriété à l’époque :
La demeure principale et ses dépendances : une grande maison d’habitation avec ses cours, bâtiments annexes et un vaste jardin attenant.
Les terres et les paysages : un domaine d’une superficie de plus de 3 hectares, comprenant des prairies, de larges parcelles de terres encouturées (notamment semées de blé) ainsi que l’emplacement historique d’un ancien four.
La vie du domaine : la vente incluait également tout le cheptel vif et mort attaché à la propriété, à savoir deux vaches, une charrette, les outils aratoires ainsi que les provisions de foin et de paille nécessaires à son exploitation.

Source https://archives.haute-vienne.fr/ Archives Departementales de la Haute-Vienne 4Q18/91 (acte 67)

Source https://archives.haute-vienne.fr/ Archives Departementales de la Haute-Vienne 4Q18/91 (acte 67)

Source https://archives.haute-vienne.fr/ Archives Departementales de la Haute-Vienne 4Q18/91 (acte 67)

Répertoire des formalités hypothécaires — Barthélemy Ribièrre
Cet extrait officiel du registre du Bureau des Hypothèques de Limoges (Série 4 Q) formalise l’enregistrement de la propriété au nom de Monsieur Barthélemy Ribièrre, inscrit avec sa qualité de boulanger (maître boulanger).
Ce document administratif et fiscal atteste de la régularité de la mutation de propriété suite à l’acquisition du 24 mars 1821. Il consigne de manière rigoureuse les transcriptions et les inscriptions liées au domaine de La Paponerie, garantissant juridiquement la transmission des biens immobiliers, des terres et des droits associés, libres de toute charge occulte, scellant ainsi l’ancrage de la famille Ribièrre sur ce domaine de campagne.

Les enfants de Monsieur Ribierre.

Barthélemy Ribièrre est décédé le 19 avril 1829, à l’âge de 65 ans, à son domicile situé rue Baffilloux. L’acte de décès officiel n° 499 a été dressé le 20 avril 1829, en présence de son fils aîné, Jean-Baptiste.
Statut juridique : Le registre des mutations par décès (3 Q 245/12) consigne explicitement le transfert des biens immobiliers sous le statut « Enfants ». Le domaine devient ainsi la copropriété des descendants. Ces derniers sont inscrits consécutivement dans le registre 4 Q 29/59.

Acte de décès de Barthélemy Ribierre (19 avril 1829).
Enregistré officiellement le 20 avril 1829 à la mairie de Limoges, cet acte civil formalise le décès de Monsieur Barthélemy Ribierre, survenu la veille, le 19 avril 1829 à 15 heures, à l’âge de 65 ans. Ce document historique réunit de précieuses données :
La déclaration du fils : C’est son fils, Jean-Baptiste Ribierre, mentionné avec le statut de propriétaire, qui se présente devant l’officier d’état civil pour déclarer la perte de son père, apposant sa signature au bas du registre.
La confirmation du statut : L’acte réaffirme la qualité de boulanger (maître boulanger) de Barthélemy Ribierre ainsi que son domicile historique de la rue Baffilloux.
Ce document marque la fin d’une époque et le passage de témoin immédiat à Jean-Baptiste Ribierre, qui prend alors la tête du domaine de La Paponerie.

Déclaration de mutation par décès (1829) : La transmission aux héritiers Ribièrre
Rédigé le 6 octobre 1829, ce document fiscal capital formalise la transmission des biens de Monsieur Barthélemy Ribièrre, maître-boulanger décédé le 19 avril de la même année. Devant l’administration de l’Enregistrement de Limoges, sa veuve, Anne Dutreix, se présente pour déclarer l’ensemble du patrimoine familial et fixer les droits successoraux.

Un témoignage écrit et chiffré du patrimoine
Le registre manuscrit officiel, conservé sous le volume 102, apporte des précisions fondamentales sur la consistance, la valeur et le transfert du domaine à cette époque :
La mention du domaine historique : Sous l’article 3°, le texte identifie explicitement le bien comme « un Petit Domaine à la Paponerie C[ommun]e de Limoges ». C’est une attestation remarquable de la fixité de ce nom à travers les siècles.
Le transfert de propriété aux enfants et petits-enfants : L’acte officialise le passage des biens immobiliers aux descendants directs de Barthélemy Ribièrre. Ses enfants (Guillaume, Jeanne et Marguerite Ribièrre) ainsi que ses petits-enfants (Guillaume et Jeanne Melin) deviennent les propriétaires légitimes du domaine.
Le statut de la veuve : Conformément au testament enregistré le 27 avril 1829, Anne Dutreix (veuve Ribièrre) obtient l’usufruit sur la moitié des biens meubles et immeubles, lui garantissant la gestion et la jouissance du domaine de son vivant.
L’évaluation financière : Le document stipule que le domaine est libre de charges, avec un revenu déclaré de 450 francs et un capital estimé à 9 000 francs (soumis à un droit d’enregistrement de 90 francs). Au bas de la page 102, le registre porte la signature manuscrite authentique de la déclarante : « veuve ribièrre ».

Audoin Malinvaud : Le patriarche et le gestionnaire de la lignée

Derrière l’histoire de la Maison La Paponerie se cache la figure centrale d’Audoin Malinvaud, le patriarche qui a géré et transmis ce précieux patrimoine architectural au XIXe siècle. Homme d’ordre et de prévoyance, il est désigné dans les archives comme « propriétaire sans profession » (terme de l’époque pour désigner un rentier gérant ses biens). Il est celui qui a ancré solidement la famille Malinvaud sur l’ancienne route d’Ambazac.
Marié à Léonarde Malinvaud, Audoin a veillé à ce que ses enfants reçoivent les moyens de s’élever par le travail et l’artisanat d’art, faisant de sa descendance une véritable lignée d’artisans d’élite, de tourneurs et de créateurs.

L’acte fondateur du 2 novembre 1878 : Une transmission millimétrée
Conscient de la valeur du grand complexe immobilier de La Paponerie, Audoin Malinvaud orchestre, le 2 novembre 1878 devant Maître Massans, notaire à Limoges, une donation entre vifs (un partage anticipé de ses biens) d’une précision remarquable.
Ce document historique, rédigé à l’encre sur papier timbré, ne se contente pas de transmettre des murs ; il organise la vie future de la communauté familiale autour de la cour et du puits commun. Par cet acte fondateur, Audoin découpe scientifiquement le grand bâtiment en pierres pour offrir à chacun de ses fils une indépendance totale :
À son fils aîné Martial, il transmet la maison d’angle de trois niveaux.
À son fils Auguste, tourneur sur métaux, il lègue la moitié gauche du grand bâtiment avec ses jardins et ses écuries.
À son fils Martial Ferdinand, le jeune peintre sur porcelaine, il confie la moitié droite de la grande maison, l’actuelle Maison La Paponerie.

Le garant de la cohésion familiale
Audoin Malinvaud n’a pas seulement légué des pierres, il a instauré des règles de bon voisinage qui ont traversé les siècles, notamment en gravant dans le marbre de l’acte notarié la mitoyenneté des murs porteurs sur toute leur hauteur et l’usage partagé du puits. En échange de cette assise immobilière, il s’assure une fin de vie sereine en demandant à ses enfants une rente viagère, symbole du respect et de la solidarité intergénérationnelle.

L’origine de propriété et l’époque de Ferdinand Malinvaud

Du peintre sur porcelaine au héros d’Afrique : le parcours militaire de Martial Ferdinand Malinvaud
Les archives des registres matricules militaires de la Haute-Vienne révèlent le destin héroïque du maître de La Paponerie. Né à Limoges en 1857, le jeune Martial Ferdinand commence sa vie comme artisan, exerçant le prestigieux métier de peintre sur porcelaine. Cependant, son incorporation le 15 novembre 1878 au 108e Régiment d’Infanterie de Limoges marque le début d’une brillante carrière militaire.
Promu sergent-major en un temps record, il intègre l’École d’administration de Vincennes en 1883 avant d’être nommé Officier d’administration par décret présidentiel en 1887. Son parcours est marqué par les campagnes d’Afrique en Algérie. C’est là, le 6 février 1882, qu’il est grièvement blessé en service : une balle de revolver d’ordonnance traverse la tête de son tibia droit et reste logée à jamais dans sa jambe. Ce sacrifice mémorable pour la France et sa droiture lui vaudront plus tard la distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur. Cette découverte extraordinaire confère à La Paponerie une dimension historique nationale, celle d’avoir été la demeure d’un officier d’Afrique et d’un grand serviteur de l’État.

Répertoire des formalités du Bureau des Hypothèques de Limoges — Compte personnel n° 144
Ce document, issu des fonds des Archives départementales de la Haute-Vienne (Série 4Q), constitue la fiche financière et patrimoniale officielle de Martial Ferdinand Malinvaud. Il contient une liste chronologique et rigoureuse de toutes les transactions, actes d’enregistrement et mutations immobilières ayant jalonné la vie du propriétaire du domaine durant 35 ans.
L’évolution du statut du propriétaire : L’en-tête du document retrace le parcours de vie du maître de La Paponerie. Il est initialement inscrit sous sa première profession civile : « Malinvaud Martial Ferdinand, peintre sur porcelaine à Limoges (à la Paponerie) ». Plus tard, d’une encre d’une nuance différente, est mentionné son nouveau statut officiel, acquis après ses années de service militaire : « officier d’administration en retraite ». La suite de cette ligne indique la géographie de ses déplacements — les villes de Nice et de Briançon.
Le point de départ de la propriété (29 novembre 1878) : La toute première ligne du registre consigne l’entrée officielle de Ferdinand Malinvaud en possession des droits immobiliers. La mention « Achat par Donation » pour un montant de 8 760 francs marque le début de son époque de quarante ans à la tête du domaine. Cette somme reflète l’évaluation financière du bien à l’époque, base sur laquelle étaient calculés les droits d’enregistrement perçus par l’État.

La Déclaration de Succession de Martial Ferdinand Malinvaud (1918 – 1919)
Cet ensemble de documents d’archives exceptionnels (Série 3Q 230/186) consigne officiellement la liquidation de la succession de Monsieur Martial Ferdinand Malinvaud, dressée par Me Eugène Lachau, notaire à Limoges. Ce registre administratif, clos le 28 mai 1919, apporte des éclairages fondamentaux tant sur le statut socio-économique du défunt que sur la consistance matérielle du domaine de La Paponerie à la fin de la Première Guerre mondiale.
Un statut civique et financier d’envergure :
Les pièces comptables révèlent que Martial Ferdinand Malinvaud jouissait d’une assise financière remarquable, avec un actif brut total s’élevant à 62 055,56 francs (constitué majoritairement de portefeuilles de titres de la Ville de Paris et du Crédit Foncier de France déposés au Crédit Lyonnais et à la Banque de France). Le document confirme également son prestige civique : il était titulaire de la Légion d’Honneur (brevet n° 70711) et bénéficiaire d’une pension militaire au titre de vétéran.
La description architecturale et la valeur de La Paponerie :
Sous l’article 26 du registre, le document fournit une description technique et juridique inestimable de la propriété historique située alors au 35 bis, route d’Ambazac (impasse de la Paponerie) :
Nature du bien : Une maison d’habitation construite en pierres et torchis, et couverte en tuiles.
Configuration : Composée d’un rez-de-chaussée, d’un premier étage, d’un deuxième étage et de mansardes, le tout complété par une petite cour sise derrière.
Évaluation fiscale : La valeur vénale de l’immeuble est officiellement estimée à 10 000,00 francs à la date du décès.
(Les articles suivants consignent également deux parcelles de terre adjacentes, un jardin et un pré situés rue du Bas Chinchauvaud, évalués respectivement à 20 560 et 2 600 francs).
Le basculement juridique vers la propriété de l’État :
Célibataire et sans héritier à réserve, Martial Ferdinand Malinvaud avait formellement institué l’État Français en qualité de légataire universel de la nue-propriété de ses biens, suivant une ordonnance du Tribunal civil de Limoges datée du 16 janvier 1919. Après déduction des legs particuliers octroyés à ses proches (dont sa petite-nièce France Picaud et la société « La Vincennoise »), l’actif net grevé d’usufruit au profit de son frère, Auguste Malinvaud, s’établissait à 57 571,56 francs.
Cet acte marque le point de départ juridique de la longue période de gestion successorale par l’État Français, figeant la structure foncière du domaine avant les mutations foncières ultérieures du XXe siècle.

Monsieur Martial Ferdinand Malinvaud en était le propriétaire légitime au début du XXe siècle.
Célibataire et sans héritier à réserve, il réside dans cette maison jusqu’à son décès survenu le 16 avril 1918. La famille Malinvaud, liée aux employés du chemin de fer, s’inscrit dans la longue tradition ferroviaire des occupants de la maison.
Les archives révèlent également que la famille était solidement ancrée dans ce quartier : la maison partageait une cloison et un mur pignon mitoyens, du côté Ouest, avec l’habitation voisine appartenant à la veuve de Jean-Baptiste Malinvaud (frère de Ferdinand). De plus, la propriété était directement adjacente à l’École communale de garçons et à un terrain de la ville de Limoges, ce qui dessinait un environnement de vie très animé au cœur de la communauté locale.
Le décès de Martial Ferdinand Malinvaud en 1918 marque un tournant majeur, ouvrant la voie à la transmission de ce patrimoine immobilier à l’État Français.

Extrait de l’acte notarié du 28 septembre 1970 (Page 2).

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Le legs universel à l’État et le démembrement ferroviaire de 1919

Le legs à l’État Français et le règlement successoral de Martial Ferdinand Malinvaud (1918-1920).
Suite au décès de Martial Ferdinand Malinvaud le 16 avril 1918, à l’âge de 61 ans, l’histoire de La Paponerie prend un tournant juridique majeur. Célibataire et sans héritier direct, cet employé d’administration laisse un testament rédigé en pleine Première Guerre mondiale.
Les registres officiels des mutations par décès de Limoges (Série 3Q 245 / 52, acte n°18) formalisent juridiquement l’ensemble de cette transition. Le document consigne l’ouverture du testament le 27 août 1918, l’inventaire complet des biens dressé le 19 décembre 1918, ainsi que l’envoi en possession officiel de l’État (Ministère de la Guerre) le 16 janvier 1920. Les mentions complémentaires de délivrance de legs s’étendant jusqu’en juin 1920 scellent définitivement le cadre légal qui permettra à ses frères de continuer à occuper le domaine avant sa vente en 1925.

Le passage sous le contrôle de l’État : Le 16 avril 1918, Monsieur Ferdinand Malinvaud décède célibataire et sans héritier à réserve. N’ayant pas de successeurs directs, il désigne l’État Français comme son légataire universel par un testament olographe rédigé en 1915 chez Maître Ladeau. Par ordonnance du Président du Tribunal civil de Limoges datée du 16 janvier 1920, l’État entre officiellement en possession de la Paponerie.
Le projet ferroviaire de 1919 et la réduction du domaine : En automne 1919, l’Administration valide un échange tripartite complexe avec la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans et la Chambre de Commerce pour l’agrandissement de la gare de Limoges-Bénédictins. Pour étendre les voies ferrées, l’État extrait et cède une superficie de 6 ares 72 centiares de bâtiments et de cours appartenant à la Paponerie. Cette amputation d’utilité publique touche directement les parcelles historiques 98p, 101p, 102p (la maison), 103p (le jardin) et 104p (le pré) de la Section E. À titre de comparaison, la surface saisie équivaut à la totalité de l’ancienne cour d’honneur (parcelle 101 mesurant 6 ares 50 centiares selon le Cadastre de 1812). C’est à la suite de ce démembrement historique que la Paponerie est définitivement réduite à ses dimensions contemporaines actuelles, avant d’être mise aux enchères publiques le 23 novembre 1925.

La période de démembrement de propriété : L’État et les usufruitiers Malinvaud

I. Jean-Baptiste Malinvaud – Le premier frère usufruitier (1918 – 1925)
Suite au décès de Ferdinand Malinvaud le 16 avril 1918, son frère aîné, Jean-Baptiste Malinvaud, devient le premier bénéficiaire du droit d’habitation viager (usufruit) du domaine de La Paponerie, conformément aux dispositions testamentaires. Les registres du Bureau des Hypothèques de Limoges (Série 4 Q 29 / 166, Case 142) révèlent un parcours singulier : ancien matelot de profession, il a également exercé comme boulanger avant d’être enregistré plus tard comme sans profession (rentier).
L’État français a été officiellement envoyé en possession de la nue-propriété du domaine le 16 janvier 1919, par ordonnance du Président du Tribunal civil de Limoges, tout en respectant ce droit d’usufruit. Jean-Baptiste occupe et entretient la maison pendant près de sept ans, jusqu’à son décès survenu le 18 mars 1925. Les actes notariés ultérieurs mentionnent également la présence de sa veuve (Veuve Jean-Baptiste Malinvaud), qui conserve des droits de mitoyenneté historiques sur la cloison séparative ouest de la cour et des bâtiments attenants, témoignant de l’ancrage prolongé de cette branche familiale sur le site.


II.Auguste Augustin Malinvaud – Le second usufruitier (Mars 1925 – Novembre 1925)
Après le décès de Jean-Baptiste en mars 1925, le droit d’usufruit successif s’ouvre au profit du second frère de la fratrie : Auguste Augustin Louis Martial Roger Malinvaud. Les archives hypothécaires de Limoges (Volume 166, Case 143 — une fiche qui jouxte immédiatement celle de son frère) apportent une précision remarquable sur son statut, l’enregistrant comme tourneur sur métaux et graveur à Limoges.
Devenu contractuellement l’unique usufruitier du domaine historique, Auguste Malinvaud n’exercera ce droit que durant quelques mois. Son départ ou l’extinction définitive de cet usufruit à la fin de l’année 1925 marque la fin absolue de la présence de la famille Malinvaud entre les murs en pierres et torchis de La Paponerie, ouvrant la voie à la pleine possession des lieux par l’État Français.

III. L’extinction de l’usufruit et la pleine propriété de l’État (Fin 1925)
Suite au décès de Monsieur Ferdinand Malinvaud le 16 avril 1918, célibataire et sans héritier à réserve, l’État Français devient officiellement propriétaire de l’immeuble en qualité de légataire universel, selon le testament olographe du défunt. L’État est régulièrement autorisé à accepter ce legs et envoyé en possession par ordonnance du Président du Tribunal civil de Limoges le 16 janvier 1920.Cependant, le défunt avait légué l’usufruit successif à ses deux frères, Auguste et Jean-Baptiste Malinvaud. En tant qu’usufruitiers, ces derniers bénéficient d’un droit d’habitation viager, maintenant la maison occupée. Suite au décès du dernier frère en mars 1925, cet usufruit s’éteint définitivement. L’État, devenu plein propriétaire mais n’ayant pas l’utilité de la maison, décide alors de liquider ce patrimoine successoral vacant en le mettant aux enchères publiques.

Extrait de l’acte notarié de 1970 (Page 2).

1925 : L’acquisition historique par Joseph Dieul

Le 23 novembre 1925, Monsieur Joseph Dieul, retraité de la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF), devient officiellement propriétaire de l’immeuble par voie d’adjudication publique (vente aux enchères).
Cette vente est organisée en la forme administrative au sein de l’Hôtel de la Préfecture de la Haute-Vienne, dans la salle du Conseil. Joseph Dieul acquiert la maison pour le prix principal de 11 500 francs. Il y réside avec son épouse jusqu’à son décès survenu dans cette même maison.

Extrait de l’acte notarié de 1970 (Page 2).

L’époque de Marie Marguenaud et la préservation familiale.

À la suite du décès de Monsieur Joseph Dieul, survenu le 2 décembre 1944 au sein même de la maison. Son épouse, Madame Marie Marguenaud, conserve la moitié du bien en pleine propriété au titre de la communauté de biens, et l’autre moitié en usufruit légal.
Durant plus d’un quart de siècle, elle assure avec dévouement la gestion et la préservation de la maison de la Paponerie. Demeurant à Limoges, elle maintient l’ancrage profond de la famille Dieul dans ce quartier historique, très lié aux traditions des cheminots. Son long veuvage se termine le 28 septembre 1970, date à laquelle elle décide de transmettre l’intégralité du patrimoine par donation à sa fille unique, Marie-Thérèse, ouvrant ainsi la voie à la dernière génération de la famille dans ces lieux.

Extrait de l’acte notarié de 1970, sous la section “Décès de Monsieur Dieul”, actant les droits de propriété de Marie Marguenaud.

L’époque de Marie-Thérèse Dieul et la donation familiale

À la suite d’un acte reçu par Maître Georges Bosgiraud, notaire à Limoges, le 28 septembre 1970, Mademoiselle Marie-Thérèse Dieul reçoit la propriété de la maison de la Paponerie par voie de donation entre vifs consentie par sa mère, Veuve Dieul. Née à Limoges en 1913, célibataire et profondément attachée à ce patrimoine familial, elle veille sur la maison pendant plus de trente-cinq ans, prolongeant ainsi l’histoire de sa lignée dans ce quartier historique. Son décès, survenu en 2006 dans sa quatre-vingt-treizième année, marque la fin d’une époque mémorable de quatre-vingts ans de présence continue de la famille Dieul au numéro 11, ouvrant ainsi la voie à la période de transition administrative menée par l’État Français.

Extrait de l’acte de donation entre vifs de 1970, actant le transfert de propriété à Marie-Thérèse Dieul devant notaire.

La transition administrative : La gestion par l’État Français

Après le décès de Mademoiselle Marie-Thérèse Dieul, survenu en 2006, la maison de la Paponerie s’est retrouvée sans successeur direct. Conformément aux procédures légales, la succession a été officiellement déclarée vacante par un jugement du Tribunal Judiciaire de Limoges. Conformément à l’article 809 du Code Civil, la curatelle et la gestion du domaine ont été confiées à l’autorité administrative chargée du domaine (France Domaine), mettant ainsi fin à l’histoire de la famille Dieul dans cette maison.

Extrait du jugement du Tribunal Judiciaire de Limoges du 22 mars 2024 prononçant la vacance de la succession de Marie-Thérèse Dieul.

Le renouveau de la Paponerie : Une nouvelle page d’histoire

Suite au jugement de vacance de mars 2024, l’autorité administrative France Domaine a pris en charge la gestion et la liquidation du patrimoine immobilier. Après une période de transition de deux ans dédiée aux expertises techniques et à la mise en vente domaniale, la maison de la Paponerie est officiellement acquise le 6 mars 2026 par la famille Vasylenko, Ihor et Yana. Conscients de la valeur patrimoniale et des 350 ans d’histoire de cette maison séculaire, les nouveaux propriétaires se sont engagés dans un grand projet de restauration et de préservation du site. Ce travail de mémoire, soutenu par des recherches approfondies aux Archives départementales de la Haute-Vienne, permet aujourd’hui de faire revivre le passé ferroviaire, agricole et historique de la Paponerie, assurant ainsi la transmission de ce joyau limougeaud aux générations futures.

Attestation officielle de vente délivrée par un office notarial de Paris, actant l’acquisition de la maison de la Paponerie par la famille Vasylenko en 2026.

Évolution de la Maison : Chronologie Cartographique (1776-2026)

1776

1776 : La maison de La Paponerie sur la carte de Cassini



Réalisée à la fin du XVIIIe siècle par la célèbre dynastie de cartographes, la carte de Cassini (feuille n°33 “Limoges”, publiée en 1776) offre le premier aperçu géométrique et topographique précis du secteur. La carte témoigne de l’existence séculaire de la maison de La Paponerie, s’inscrivant historiquement à l’emplacement des terres agricoles et des vignobles qui approvisionnaient la région. Ce précieux document cartographique, accessible via le portail national Géoportail, atteste l’ancrage profond de la maison dans l’histoire rurale et paroissiale entourant la ville de Limoges bien avant les mutations urbaines contemporaines.
Référence : Extrait de la feuille n°33 “Limoges” de la carte de Cassini (1776) montrant la topographie historique de la ville et de la maison sur le site Géoportail.

1776
1812

1812 : Cadastre napoléonien — La maison de La Paponerie




Ce document exceptionnel représente le premier levé parcellaire systématique de la commune de Limoges. Institué par la loi du 15 septembre 1807 sous Napoléon Ier, ce cadastre dit « par masse de culture » avait pour but d’établir une fiscalité foncière équitable. Il offre une vision précise du paysage urbain et rural de Limoges au début du XIXe siècle, montrant les parcelles, les chemins et les maisons anciennes avant les grandes transformations industrielles.
Référence : Archives départementales de la Haute-Vienne, 3 P 95 / 1

1812
1812

Cadastre napoléonien — Plan de section (E2)




Cette planche cadastrale de 1812 présente la section E2, dite de Fougeras. Dessiné à l’échelle 1/2500, ce plan de section offre une précision remarquable sur la division des terres et l’implantation des bâtis à cette époque. On y découvre l’organisation parcellaire originelle du quartier, témoignant de l’évolution foncière de Limoges sous le Premier Empire.
Référence : 3 P 95 / 1, Limoges, Cadastre napoléonien, Section dite de Fougeras

1812
1815

Atlas Dutreix — Plan d’ensemble géométrique




Achevé le 1er janvier 1815, ce plan d’ensemble fut réalisé pour le comte de Villume, alors maire de Limoges. Bien qu’il présente peu de toponymes, ce document est crucial pour localiser les places, les boulevards, les ponts et les sites économiques de l’époque, tels que la pépinière royale, les abattoirs ou les moulins à kaolin. Les planches présentées ici sont issues de la version découpée en atlas conservée aux Archives municipales.
Extrait de la notice des archives municipales de Limoges, Mathilde Bombeaux (2016).
Auteur : Attribué au géomètre Dutreix
Référence : Archives municipales de Limoges (cotes 25Fi2-14)

1815
1877

Carte de l’État-Major — Plan d’ensemble militaire



Les travaux de levée topographique sur le terrain ont été exécutés en 1877 par les officiers du Génie et de l’État-Major français. Ce document cartographique d’une précision remarquable fige l’extension de Limoges à la fin du XIXe siècle. Il est crucial pour attester de la présence et de la toponymie de « la Paponerie » au moment même de l’essor du quartier ferroviaire et du développement des voies de la Gare des Bénédictins. Les planches présentées ici témoignent de la transformation urbaine et industrielle de l’époque.
Auteur : Officiers de l’État-Major (MM. Toussaint, Flandin, de Breuvand, Bigle, Sourdel-Hénault, Bauland, de Savignac, Appert, C. de Carbonnières, Salvan).
Référence : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans (cote btv1b8469518x)

1877
1878

Atlas des eaux




Réalisée en 1878 lors de la mise à niveau des réseaux d’alimentation en eau à Limoges, cette cartographie technique est d’une grande précision. L’atlas indique l’emplacement des tuyaux, des bornes fontaines et des cours d’eau, sur un fond de carte distinguant les bâtiments publics des habitations privées. Ce document, composé de 24 planches, complète le plan Grignard de 1851 pour offrir une vision détaillée de l’infrastructure urbaine à la fin du XIXe siècle.
Extrait de la notice des archives municipales de Limoges, Mathilde Bombeaux (2016).
Auteurs : Ingénieur Soulié et Maire René Pénicaud
Référence : Archives municipales de Limoges (cotes 1Fi498 à 1Fi512)

1878
1885

Plan général de Limoges



Réalisée en 1885 à l’échelle 1/10 000, cette cartographie historique constitue le plan général de la ville de Limoges. Ce plan a été imprimé comme annexe cartographique pour le guide de Paul Ducourtieux intitulé «Limoges et ses environs : guide du voyageur, orné de plusieurs gravures, accompagné d’un plan de la ville». Le document indique de façon précise la structure urbaine de la fin du XIXe siècle, notamment les voies ferrées, la zone de la gare et le réseau des rues et des quartiers. Cette pièce offre une vision claire de la topographie et du développement spatial de la cité à l’époque de la modernisation industrielle.
Extrait de la notice de la Bibliothèque numérique du Limousin (Bfm Limoges).
Auteur : H. Ducros
Éditeur : Limoges : impr. Vve H. Ducourtieux, 1885
Référence : Bfm Limoges (cote MAG.P LIM 18320 bis)

1885
1889

Plan de Limoges — Édition «De la Loire à la Gironde»




Ce plan détaillé de Limoges fait partie de la célèbre collection de guides régionaux de la fin du XIXe siècle. Il offre une cartographie urbaine précise, mettant en relief l’intégration définitive de la Gare des Bénédictins dans le tissu économique local. Ce document est capital pour analyser l’évolution du domaine de « la Paponerie », qui apparaît désormais au cœur d’un carrefour stratégique, connecté aux grands axes de transport de la Troisième République. La clarté des tracés illustre parfaitement le passage du Limoges ancien à la métropole moderne moderne.
Auteur : Dessiné par Louis-François Thuillier (1848-1919).
Référence : Bibliothèque nationale de France (cote btv1b5501132098)

1889
1895

Nouveau plan de Limoges — L’expansion urbaine par Jules Péjout



Dressé et dessiné par Jules Péjout, ce « Nouveau Plan de Limoges » publié en 1895 à l’échelle 1/10 000 offre un témoignage cartographique précieux de la Belle Époque. Le document met en relief la modernisation rapide de la ville, l’aménagement des grands axes urbains comme le Cours Gay Lussac, ainsi que le développement massif du réseau ferroviaire. Cette carte rose emblématique permet de situer l’environnement de la maison de La Paponerie à la fin du XIXe siècle, témoignant de l’intégration progressive des anciens faubourgs dans le tissu urbain de Limoges.
Référence : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-5301

1895
1927

Plan général de Limoges et son réseau de tramways



Ce document historique exceptionnel, publié en 1927, présente le développement moderne des infrastructures de transport de la ville de Limoges. Le plan met en lumière le tracé complet des lignes de tramways électriques qui rythmaient la vie urbaine à cette époque, ainsi que les voies ferrées de la gare des Bénédictins. Cartographiant avec précision les faubourgs industriels et résidentiels en pleine expansion, ce document illustre parfaitement l’environnement technique et urbain qui entourait la maison au cours des années 1920.
Référence : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-5259

1927
1927-30

Plan de Delage et Flacassier




Cette série de cartes a été réalisée par les ingénieurs Delage et Flacassier à partir de relevés topographiques effectués en 1927. La version présentée ici, datée de 1930, se compose de 27 planches. Ces documents d’urbanisme détaillent les projets d’aménagement, de percement et d’embellissement des axes de communication de Limoges. Ils permettent également de situer précisément les bâtiments industriels ainsi que le nivellement du terrain (altimétrie).
Extrait de la notice des archives municipales de Limoges, Mathilde Bombeaux (2016).
Référence : Archives municipales de Limoges (cotes 1Fi379 à 1Fi406)

1927-30
1946

Limoges le Sablard




Cette planche cartographique fait partie d’un plan d’ensemble de la ville de Limoges réalisé en 1946. Ce document technique offre une vision précise de la morphologie urbaine de l’immédiat après-guerre. La feuille N°5 permet d’analyser avec précision la trame des rues, l’implantation des édifices et l’organisation des parcelles à cette époque charnière de la reconstruction, constituant ainsi un témoignage essentiel pour l’histoire architecturale de la cité.
Extrait des inventaires des Archives départementales de la Haute-Vienne.
Référence : Archives départementales de la Haute-Vienne (cote 1 Fi 492)

1946
1947

Plan topographique régulier




Cette planche cartographique, issue de la collection du Plan topographique régulier de Limoges, a été dressée en 1947 à l’échelle 1/2000 par le géomètre Pimpaud. Le document présenté ici est la feuille N°10, centrée sur le quartier des Bénédictins. Imprimé en couleurs, ce plan technique illustre avec une grande précision l’aménagement ferroviaire et urbain aux abords de la gare, offrant un témoignage visuel unique sur la configuration de ce secteur stratégique de la ville au milieu du XXe siècle.
Extrait des inventaires des Archives départementales de la Haute-Vienne.
Référence : Archives départementales de la Haute-Vienne (cote 1 Fi 503)

1947
1968

Cadastre rénové : Plan renouvelé




Ce document cartographique, datant de 1968, est issu de la collection du Cadastre rénové de Limoges. Établi à l’échelle précise de 1/500, ce « Plan renouvelé » (feuille DS) offre une vue détaillée de la structure parcellaire et de l’implantation des bâtis à cette période. Il constitue une ressource documentaire précieuse pour suivre l’évolution foncière de la ville et comprendre l’organisation urbanistique du quartier à la fin des années soixante.
Extrait des inventaires des Archives départementales de la Haute-Vienne.
Référence : Archives départementales de la Haute-Vienne (cote 1203 W 58)

1968
2022

Vue satellite contemporaine



Cette vue satellite, issue des données géographiques de Google Maps pour l’année 2022, offre une perspective actuelle sur l’insertion de la maison dans son environnement urbain moderne. Elle permet de mettre en lumière la pérennité du bâti historique face aux évolutions contemporaines du quartier des Bénédictins. Ce document visuel clôture la chronologie en confrontant les tracés anciens aux réalités d’aujourd’hui, témoignant de l’adaptation constante de ce patrimoine au fil des décennies.
Référence : Google Maps (données cartographiques 2022)

2022
2026

Plan cadastral interactif




Ce document présente l’état actuel de la parcelle DS 140 au sein de la section DS du cadastre de Limoges. Contrairement aux archives historiques, ce plan numérique contemporain définit avec une précision juridique les limites foncières et l’emprise au sol de la maison aujourd’hui. Il constitue l’outil de référence administratif permettant d’identifier la propriété dans le tissu urbain actuel, tout en conservant la structure parcellaire héritée de l’histoire du quartier.
Référence : Cadastre.gouv.fr (Parcelle 140 – Feuille 000 DS)

2026

Comparaisons Historiques

La Paponerie à travers les âges : que valait notre domaine dans le passé ?
Pour mesurer l’importance historique et financière de La Paponerie, nous avons plongé dans les archives notariales de la Haute-Vienne, la presse de l’époque et les registres fonciers. En analysant les actes officiels, nous avons traduit la valeur du domaine en réalités concrètes de chaque époque. Voici une fresque historique certifiée qui aide à comprendre la véritable envergure de ce lieu unique.

📌 XVIIe siècle : Les origines certifiées de La Paponerie
1671 — La première trace écrite officielle
L’histoire documentée de notre domaine commence officiellement sous le règne de Louis XIV. Grâce aux recherches validées par les Archives départementales de la Haute-Vienne, la première mention écrite du lieu-dit est consignée dans le Répertoire général des titres de l’hôpital général Saint-Alexis de Limoges (Registre H SUP LIMOGES D 6, page 214).
Ce document historique certifie que sur le territoire du Puy-la-Latte, juste à côté de La Paponerie, une rente foncière annuelle en froment (blé de haute qualité) était due à l’hôpital à la suite d’un échange foncier réalisé avec Jean Rouard, un haut fonctionnaire royal élu en l’Élection. Cette redevance et l’existence du domaine sont officiellement suivies et validées par l’administration sans interruption depuis 1671.

📌 1808 — L’estimation d’un grand domaine sous Napoléon Ier
Selon l’acte de succession et de mutation daté du 7 mai 1808, le domaine de La Paponerie, alors géré par la famille Roche (maîtres-boulangers de Limoges), est officiellement estimé à la somme considérable de 12 000 Francs germinaux (l’équivalent en poids de près de 3,5 kg d’or pur). À titre de comparaison, une maison de ville ordinaire à Limoges ne valait à l’époque que 4 000 francs. La Paponerie était donc un domaine riche, dominant et d’une valeur trois fois supérieure à la moyenne urbaine.

📌 1812 — La parcelle n°102 : L’identité gravée dans le Cadastre Napoléonien
En ouvrant les registres originaux du Cadastre de 1812, le domaine se révèle dans toute sa structure agricole et résidentielle. La maison que nous restaurons aujourd’hui y est officiellement répertoriée sous la parcelle n°102 (Maison et Sol), d’une surface au sol d’environ 70 mètres carrés.
L’administration impériale lui attribuait alors une valeur locative et un revenu fiscal net de 30 Francs par an. Le domaine comprenait également la parcelle 100 (futaye), la parcelle 101 (bâtiments de cour), la parcelle 103 (un grand jardin de 10 ares) et la parcelle 104 (un vaste pré de plus d’un hectare).
Le saviez-vous ? En 1812, cette contribution fiscale de 30 Francs équivalait à la valeur marchande de près de 70 kilos de pain de blé de première qualité ou au prix de 15 bouteilles de vin de table livrées à Limoges.

📌 1821 — Une transaction historique au sommet de la Restauration
Le 24 mars 1821, le maître-boulanger Jean-Baptiste Roche vend l’intégralité du domaine à un autre boulanger de Limoges, Barthélemy Ribièrre. L’acte notarié rédigé par Me Malevergne enregistre une transaction extraordinaire pour la somme de 20 794 Francs (l’équivalent de plus de 6 kg d’or pur), assortie de 457 Francs et 19 centimes de frais d’enregistrement auprès du bureau des hypothèques de Limoges.
La vente comprenait le corps de ferme, deux vaches, une charrette, les outils aratoires et de grandes terres déjà ensemencées de blé froment.
Pour imaginer ce que représentaient ces 20 794 Francs en 1821 :
🐂 Un empire agricole géant : De quoi acheter plus de 680 bœufs de labour ou un troupeau titanesque de 1 500 moutons pour les foires du Limousin.
🧱 Une vie de labeur : L’équivalent de près de 70 ans de salaire cumulé d’un ouvrier ou d’un artisan spécialisé de l’époque, payé environ 1 franc par jour.
🏰 Un parc immobilier : La possibilité d’acheter simultanément 5 maisons de ville de taille moyenne dans le centre historique de Limoges.
🥖 Nourrir une ville : Plus de 45 tonnes de pain blanc de blé de première qualité.

📌 1865 — Fait divers : La Paponerie au cœur des chroniques de l’époque
Le 30 avril 1865, le journal Le Courrier de Limoges (repris par le Journal du Loiret) publie une chronique dramatique qui témoigne de la notoriété du lieu-dit à l’époque. La Paponerie y est mentionnée comme le repère géographique incontournable de la route d’Ambazac.
L’article raconte un tragic accident survenu face à « l’auberge du sieur Pouyat », un relais de diligence situé juste devant le domaine. Un ouvrier agricole, Étienne Fournier, y a perdu la vie, attaqué par un taureau de concours de retour des foires de Limoges. Au XIXe siècle, La Paponerie était un point de passage stratégique et animé aux portes de la ville, marqué par la présence de cette auberge gérée par l’illustre famille Pouyat (célèbre dynastie de la porcelaine de Limoges).

📌 1919 — L’extension de la Gare des Bénédictins : La Paponerie devient voisine du rail
Le 24 septembre 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un décret ministériel crucial signé par le Ministre des Travaux publics et des Transports (Étienne Clémentel) scelle à jamais le destin géographique de La Paponerie.
Pour permettre les grands travaux d’agrandissement et de modernisation de la célèbre Gare de Limoges-Bénédictins, l’État procède au déclassement d’une surface de 6 ares et 72 centiares appartenant directement au lieu-dit « La Paponerie ». Les parcelles historiques (98p, 101p, 103p, 104p) sont partiellement amputées pour laisser passer les nouvelles voies de chemin de fer. Miracle de l’histoire : la parcelle n°102 (notre maison) est préservée de la démolition et devient cette sentinelle de pierre postée face aux quais.

📌 1925 — Une vente aux enchères à la Préfecture : L’arrivée de la famille DIEUL
Après avoir appartenu à la famille Malinvaud, et à la suite d’un testament léguant la nue-propriété à l’État Français, la maison fait l’objet d’une vente par adjudication publique. Le 23 novembre 1925, dans la salle du Conseil de la Préfecture de la Haute-Vienne, la propriété est adjugée à Monsieur Joseph DIEUL pour la somme de 31 500 Francs.
Pour imaginer la valeur de ces 31 500 Francs en 1925 (époque du Franc Poincaré) :
🧱 Le coût de la reconstruction : L’équivalent de près de 1 200 journées de travail d’un maçon qualifié dans les années de l’entre-deux-guerres.
🚗 La modernité sur roues : Le prix de deux voitures Peugeot 172 neuves (le grand succès automobile populaire des années 1920).
La vie quotidienne : Plus de 4 tonnes de café ou 20 000 litres de lait de l’époque.

📌 1944-1970 — La mémoire des gardiens du rail face aux Bénédictins
Devenu propriétaire en 1925, Joseph DIEUL, cheminot retraité de la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français), y résidait avec son épouse Marie Marguenaud jusqu’à son décès en 1944.
Vivre au cœur de ce quartier historique, c’était veiller sur les voies. En octobre 1970, par-devant Me Georges Bosgiraud, notaire à Limoges, sa veuve transmet la nue-propriété de ce patrimoine à leur fille unique, Marie-Thérèse DIEUL, scellant l’histoire d’une lignée de cheminots ancrée face aux rails de Limoges, juste à côté de l’ancienne école communale de garçons.

🏁 Une histoire qui continue de s’écrire
Chaque époque a laissé ses traces sur les solides murs en pierre de 60 cm de La Paponerie. Aujourd’hui, après des décennies d’abandon, nous mesurons la chance et la grande responsabilité de restaurer ce monument de l’histoire locale. Notre objectif est de préserver cette valeur historique et humaine pour les générations futures.
Suivez pas à pas toutes les étapes de notre chantier de renaissance sur lapaponerie.fr !